'Hollande est la tête de la Corrèze, qui est la Grèce de la France.' La phrase est devenue un gimmick pour Claude Guéant. A chaque meeting, le ministre de l'intérieur ressort ce même bon mot, destiné décrédibiliser François Hollande, qui préside le conseil général de ce département depuis 2008.
M. Guéant n'est pas le seul. Laurent Wauquiez, le ministre de l'enseignement supérieur, a lui aussi fustigé plusieurs reprises la gestion du département, notamment dans un entretien au Figaro, le 17 janvier. Lui évoque un même chiffre chaque occasion, expliquant qu'en 'quatre ans seulement, il y a eu une augmentation des dépenses de fonctionnement de 30 % et une hausse de la dette de 40 %'.
À DROITE DE 1998 À 2008
Mais trop vouloir enfoncer Hollande, les deux ministres en viennent déformer la réalité. Notamment en oubliant sciemment que François Hollande ne fêtera qu'en mars ses quatre ans la tête du département. Il le préside depuis le 20 mars 2008, après que la gauche l'a emporté aux cantonales. Auparavant, la Corrèze était dirigée par Jean-Pierre Dupont (UMP) depuis 1998.
En 2008, l'arrivée de François Hollande, le département est dans une situation difficile, avec 289,9 millions d'euros de dettes, soit 1 206 euros par habitant, selon les chiffres de Bercy. Un endettement qui résulte de dépenses de fonctionnement en hausse constante depuis 2005 : de 194,8 millions d'euros de dépenses de fonctionnement en 2005, le département passe 245,006 millions trois ans plus tard, en 2008, soit 25 % de hausse. Parmi les charges en hausse, les frais de personnel, qui passent de 25,83 millions en 2005 47,06 en 2008.
Cet hausse de charges se fait notamment par le recours l'emprunt. L'encours des dettes bancaires du département passe de 148,06 millions en 2005 289,04 millions en 2008, soit une hausse de 95 %, qui fait du département le plus endetté par habitant de France. Dans le même temps, les (...)